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En cause, des faiblesses dans la riposte

32 ans après la notification des premiers cas de Sida sur son territoire en 1983-1984, la RDC demeure toujours confrontée aux mêmes défis de la persistance du VIH/SIDA, pendant qu'il s'observe une tendance significative à la féminisation et à la juvénilisation de l'épidémie. 

 

Les plans stratégiques se succèdent les uns aux autres, sans empêcher que davantage se creusent des écarts entre les objectifs visés et les résultats réalisés. En cause, la riposte opposée à la pandémie du Sida est jugée faible, car les moyens mis en œuvre sont bien en deçà des besoins réels de la lutte contre le VIH/SIDA en RDC.

 

Architecture de la lutte

 

Ce n'est pas que la RDC n'a rien fait ou qu'elle ne fait rien. Bien au contraire. Dès la découverte de la présence du virus sur le territoire congolais, c'est avec promptitude que le pays avait réagi en ouvrant le champ et l'espace à la recherche et à la coopération scientifique. On a salué l'engagement de l'Etat congolais dans la lutte contre la pandémie du SIDA, lequel engagement a abouti à la mise en place d'une  architecture de lutte coiffée par le PNMLS (Programme National Multisectoriel de Lutte contre le SIDA) et à la mise en œuvre de différents plans stratégiques.

Les axes de la lutte ont été définis, au total quatre, à savoir, la réduction de la transmission des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et du VIH, l'amélioration de l'accès universel aux soins et au traitement, l'atténuation de l'impact socio-économique du VIH et du SIDA, ainsi que le soutien à la mise en œuvre des plans stratégiques nationaux.

 

Aussi, les acteurs de lutte ont été identifiés et les rôles repartis. Ainsi donc, le PNMLS assure la coordination de la lutte. Les activités de prévention, de soins et de traitement sont menées par différents acteurs engagés dans la lutte contre le VIH/SIDA et repartis, d'une part, en secteur public (Ministère de la Santé, PNLS), et, d'autre part, en secteur privé (Société Civile, Associations, Organisations non Gouvernementales), sans oublier les partenaires nationaux et internationaux qui appuient l'Etat Congolais dans cette lutte.

 

 Le tendon d'Achille

 

L'architecture de la lutte est belle, belle aussi la distribution des taches.  Cependant la machine n'a pas réussi à tourner et à produire les résultats comme on le souhaite. Le tendon d'Achille semble être la question du financement de la lutte contre le VIH/SIDA.

 

L'Etat congolais n'alloue pas à la lutte contre la VIH/SIDA les ressources nécessaires et suffisantes contrairement à sa primauté et à ses engagements.  Et on se retrouve dans une situation pour le moins bizarre où les partenaires sensés venir en appui au Gouvernement deviennent les principaux contributeurs de la lutte contre le VIH/SIDA en RDC. Des sources crédibles attestent que la part du gouvernement dans le financement de la lutte contre le VIH/SIDA de dépasse guère 1,2% des ressources consacrées à cette lutte.

 

Il s'observe là une déplorable inversion de rôles peut-être explicable, mais difficile à justifier. Pareille situation est préjudiciable non seulement à la souveraineté de l'Etat congolais, mais aussi à la crédibilité des gouvernants. Ceux-ci n'ignorent pas qu'en se juchant aux commandes du pays, il faut pouvoir se montrer à la hauteur des charges qui reviennent à l'Etat. Qu'il soit maintenant indispensable de recourir à des campagnes de sensibilisation des gouvernants pour qu'ils puissent se préoccuper de l'accomplissement des charges de l'Etat, il y a lieu de s'interroger sur la nature exacte des ressources réellement indisponibles. L'incohérence dans l'exécution des budgets  de l'Etat corrobore ce malheureux constat.

Les gouvernants devraient se convaincre sinon se laisser convaincre de la nécessité d'aligner les priorités de l'Etat en vue du bienêtre de la population et du développement  harmonieux du pays.  

 

D'autre part, on doit reconnaitre que la gouvernance du pays gagnerait en performances si l'opinion publique congolaise aujourd'hui de plus en plus mature se donnait le devoir d'exiger avec persévérance de ses dirigeants des résultats concluants.

 

Situation de terrain en RDC

 

Des retards s'accumulent dans la réalisation des objectifs de la lutte contre le VIH/SIDA. Les besoins réels de la lutte contre la pandémie du SIDA sont loin d'être couverts. Qu'il s'agisse de la réduction de la transmission du VIH/SIDA ou de l'accès universel aux soins et au traitement, ou même encore de l'atténuation de l'impact socio-économique du SIDA, la RDC est très loin du compte.

 

Un seul exemple peut suffire pour illustrer cela. Sur plus de 400.000 personnes éligibles au traitement par les médicaments anti rétroviraux, moins de cent mille ont accès à ce traitement et cela sans garantie de le poursuivre aussi  longtemps que nécessaire.

 

Selon les résultats de la deuxième enquête démographique et de santé (EDS-RDC II) réalisée et publiée par le Ministère congolais du Plan et partenaires pour la période 2013-2014, le taux de prévalence de l'infection à VIH/SIDA reste coincé à 1,2%, alors qu'il était de 1,3% en 2007 lors de la première enquête.

 

En plus le niveau des connaissances de la population congolaise sur le VIH/SIDA, les attitudes et les comportements sexuels de la même population ne sont pas susceptibles de barrer la route au VIH/SIDA.

 

Pourtant, en RDC comme dans beaucoup d'autres pays, le principal mode de contamination demeure la voie sexuelle. Une bonne connaissance des moyens de prévention et l'adoption généralisée des comportements sexuels responsables pourraient aider à freiner la propagation du VIH/SIDA.

 

Connaissance « approfondie » du VIH/SIDA

 

L'EDS-RDC II définit comme connaissance «approfondie» du VIH/SIDA la maitrise concomitante des éléments de connaissance sur la prévention et sur la transmission tels que : savoir que l'utilisation régulière des condoms et la limitation des rapports sexuels à un(e) seul(e) partenaire sexuel(le) fidele et non infecté(e) concourent à la prévention de la transmission du VIH, savoir qu'une personne apparemment en bonne santé peut être porteuse du VIH/SIDA, rejeter avec certitude les idées erronées   répandues en RDC telles que la transmission du VIH/SIDA par les piqûres de moustiques ou par les moyens surnaturels (sorcellerie), ou encore par le repas partagé avec une personne vivant avec le VIH/SIDA.

 

Les résultats de cette enquête indiquent que plus de 80% de population congolaise (Femmes et Hommes de 15 à 49 ans) ne connaissent pas avec certitude comment se protéger contre la contamination par le VIH/SIDA. Il n'ya que 19% de femmes (15-49 ans) et 29% d'hommes (15-49 ans) qui possèdent la connaissance dite « approfondie » du VIH/SIDA.

Il existe une autre notion dont la connaissance est jugée indispensable. Elle concerne la transmission du VIH/SIDA de la mère à l'enfant par l'allaitement ainsi que la réduction de ce risque si des médicaments spéciaux (ARV) sont administrés à la mère au cours de la grossesse. Cette connaissance n'est partagée que par 26% de femmes (15-49 ans) et par 23% d'hommes (15-49 ans)

 

Attitudes et comportements

 

Ces scores de connaissance doivent être améliorés si l'on veut augmenter le nombre de personnes susceptibles d'adopter des attitudes et des comportements sexuels responsables. Mais au stade actuel de la lutte, le constat fait sur le terrain est amer.

 

Alors qu'ils entretiennent des rapports sexuels avec des partenaires sexuels multiples, seulement 12% de femmes (15-49 ans) et 13% d'hommes (15-49 ans) utilisent les condoms.

 

Sur la durée de la vie, les femmes (15-49 ans) alignent en moyenne trois partenaires sexuels, tandis que les hommes (15-49 ans) affichent une moyenne de 11,6 partenaires sexuelles.

 

Par ignorance des modes de contamination, la population congolaise se montre très peu tolérante envers les personnes vivant avec le VIH/SIDA : seulement 4% de femmes (15-49 ans) et 12% d'hommes (15-49 ans) ont de la tolérance envers les PVVIH.

 

Face au risque de contamination par le VIH/SIDA, beaucoup de personnes préfèrent adopter l'attitude de l'autruche, c'est-à-dire  enfoncer la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité. 

 

C'est ainsi que peu de gens s'intéressent à connaitre leur statut sérologique, se privant d'une motivation certaine au comportement sexuel responsable. 78% de femmes (15-49 ans) et 84% d'hommes (15-49 ans) n'ont jamais fait de test de VIH/SIDA. Et pour les quelques braves qui l'ont fait, à peine 8% de femmes et 7% d'hommes se sont souciés d'en connaitre les résultats.

 

Les chiffres qui précédent indiquent à suffisance la somme d'efforts à fournir pour espérer donner à la population congolaise le niveau de connaissance et de conscience susceptible d'induire des attitudes et des comportements sexuels responsables.

 

Ce qui, de l'avis des experts, ne manque pas de constituer un sérieux handicap dans la réalisation des objectifs assignés.

 

Visage du sida en RDC : le portrait-robot

 

De 1,3% en 2007 lors de la première édition de l'EDS-RDC, le taux moyen de prévalence du VIH/SIDA en RDC s'est maintenu à 1,2% en 2014. Il faut éviter la stigmatisation et la discrimination à cause du sida. Quel que soit le statut sérologique, tout le monde est invité à la culture de la tolérance et de la responsabilité dans le comportement sexuel. Cependant, avec son taux de prévalence moyenne de 1,2%, le VIH/SIDA connait des domaines de concentration qui permettent d'esquisser le portrait-robot du sida en RDC.

 

Par rapport au sexe, le visage du sida est féminin : le taux de prévalence se situe à 1,6% chez les femmes (15-49 ans) contre 0,6 chez les hommes. Le rapport est de 268 femmes pour 100 hommes PVVIH.

 

Parmi les femmes (15-49 ans) le critère d'âge donne un pic de prévalence 2,9% à 40-44 ans. Leur statut matrimonial fait apparaitre un taux élevé chez les veuves (7,9%), suivi de celui des femmes divorcées ou séparées (2,9%).

 

Par rapport à la province d'habitation le taux de prévalence du VIH/SIDA accuse des pics au Maniema (4%) et dans la Province Orientale (3,9%) pour les femmes, tandis que pour les hommes les pics les plus élevés se trouvent au Maniema (4%) et au Kasaï-Oriental (1,1%).

 

A la fois boussole et alerte pour les promeneurs imprudents, ce portrait-robot montre là où l'appel à l'effort d'intervention est le plus pressant, car ces différents pics élevés constituent des cris de détresse. Ne bouchons pas les oreilles, ne fermons pas les yeux. Parlons-en plutôt autour de nous !

 

Le retard congolais et l'objectif zéro de l'ONUSIDA

 

Sur le plan mondial, l'ONUSIDA se fixe pour l'horizon 2030 l'objectif zéro, à savoir, zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié au SIDA. La RDC, qui a devant elle plusieurs étapes intermédiaires non encore accomplies, pourra-t-elle se rattraper et répondre « présente » à ce rendez-vous de 2030 ? La situation de la lutte contre le VIH/SIDA en RDC est fort préoccupante. Elle peut cesser de devenir désespérée si tout le monde prend conscience du danger qui guette la nation congolaise. Ce qu'il y a  à faire est connu : mobiliser suffisamment de ressources pour la lutte contre le VIH/SIDA, les affecter réellement et honnêtement au profit de cette lutte.

 

TSHIDIMBA

Share TSHIDIMBA. Edition N°100 du 27 Avril 2015
   
 
 
   
 
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